NICO & co … pêcheurs du Monde …

… gone fishing …

Tenerife 2025 – A la quête des Sérioles et du Gibbosus

Louis est depuis 3 ans expatrié sur l’ile de Tenerife dans l’archipel des Canaries pour ses études de Kinésithérapeute.
Surf et pêche sont ses loisirs sur place 🙂 Et il a lié amitié avec Fabien, un excellent et passionné pêcheur français venu s’installer à Tenerife pour le business. Il n’est pas venu du Sud Est de la France les mains vides. Son magnifique open a suivi. Une coque américaine, idéale pour la pratique de la pêche au départ de son port d’attache de Los Gigantes.
Ces eaux, entre les somptueuses falaises de Los Gigantes et l’ile de La Gomera, sont un véritable paradis pour la pêche en mer avec la présence en densité de quasiment toutes les espèces recherchées par les pêcheurs sportifs, des thons (bluefin, yellow, big eye, skipjack) aux Wahoos (Peto) en passant par les marlins (durant l’été) sans oublier bien sûr les incroyables Sérioles et pagres roses (Sama – Dentex Gibbosus) en pêche de fond, au vif principalement.

On ne pouvait donc pas passer à coté de cette opportunité d’aller se frotter avec ces deux dernières espèces (sérioles et Pagres), qui manquent encore à mon tableau !! 🙂
Chose dite, chose faite, et 2 fois en 2 mois en plus .. 🙂

Le premier trip se fera avec Louis et Romain (venu de Guadeloupe pour les vacances de Noël) du 5 au 10 janvier. Le deuxième du 27 février au 4 mars, avec Fred, appâté par nos premières aventures, 🙂

Revenons un peu sur l’ami Fabien, remarquable pêcheur, infatigable et passionné, en permanente recherche d’efficacité, d’adaptation ou du détail qui va faire la différence, une maitrise parfaite du sondeur et de l’interprétation des échos, et enfin une redoutable connaissance du milieu et des postes, malgré une présence sur place assez récente. Bref, un cador le Fab.

Premier séjour donc du 5 au 10 janvier, qui commence mal avec un vol annulé de Bilbao le 5 au soir pour cause de tempête. On n’arrivera donc à Tenerife Norte que le lundi 6 janvier, direction Los Gigantes où j’ai loué un appart sur le port. Excellente idée car se taper la route depuis La Orotava tous les matins à l’aube et retour le soir bien fracassé n’est définitivement pas la bonne option.

1er sortie en mer le mardi 7, rendez vous au bateau à 6h00 avec Fab qui a mis à profit la journée manquée du 6 pour remplir son vivier de petites seiches rouges (les Chocos) pêchées à la turlute, véritables bombons pour les Samas. Efficace je vous l’ai dit le Captain. Matos haut de gamme embarqué, Stella et Saltiga en différentes tailles, electronique et sondeur haute définition en place (fondamental pour cette pêche de fond sur des points précis), fenêtre météo confirmée, il n’hésite pas, direction La Gomera, pas souvent accessible, mais hot spot pour la pêche au fond des pagres.

40 min de traversée pour atteindre la zone à l’est de l’île, un plateau sur des fonds de 60 à 80 m.
Et premières dérives à la seiche vivante sur long bas de ligne, au raz du fond,

… suivies des premières touches des fameuses Samas. Efficace le Fab 🙂 Touches caractéristiques des pagres, en plusieurs phases, surtout ne pas ferrer tout de suite, laisser le pagre engamer après plusieurs tapes, jusqu’à la bonne tirée signe que le pagre a gobé la choco.
Le combat du pagre est puissant, sans rush mais avec des gros coups de tête à vous déboiter l’épaule. Ce sont des poissons magnifiques, et l’espoir de voir arriver à la surface le mythique mâle bossus tient tout le monde en haleine sur le bateau.
On touchera sur ce premier spot deux magnifiques pagres femelles avec leur plume caractéristique au niveau de la dorsale. 1er objectif du séjour atteint !

Fab décide de bouger sur ses coins au nord de l’île, plus exposés au vent et à la houle. Il repère rapidement des échos prometteurs sur des fond de 120 m. On tente les premières dérives, et je descend une belle lanière de seiche sur un madaï sur le petit Stella. On enchaine quelques sarrans colorés. Nouvelle touche un peu plus conséquente, un petit pagre ? L’affaire se corse rapidement quand je me fait prendre à la remontée par ce qui s’avérera être une grosse sériole, estimée à 50 kg par Fab, qui a coffré mon petit pagre à 100 m de fond. Énorme combat, rush de malade, pas gagné l’histoire sur la petit canne 🙂 L’affaire tourne court après plusieurs minutes d’un combat très incertain, quand la combattante semble tout à coup avoir cédé.. Crise cardiaque ? L’arrivée en surface d’une énorme tête de sériole sectionnée d’un coup derrière les pectorales ne laisse plus aucun doute sur ce qu’il s’est joué dans les profondeurs. La chaine alimentaire est refermée 🙂 Se prendre en photo dans l’eau avec sa prise n’est définitivement pas une bonne idée dans le quartier 🙂

Le vent monte et nous décidons de retraverser vers Tenerife pour finir la journée à l’abri. Bonne pioche. Fab nous positionne sur un de ses coins à sériole, 60 m de fond, bel echo, descente d’une choco avec circle hook dans le cul, touche immédiate proche du fond, ferrage cathédrale de Romzy. Là il n’y a pas photo. Combat surpuissant d’une sériole qui cherche à frotter le fond pour se libérer ou casser le bas de ligne. 20 kg de frein et tout en force pour décoller le fish du fond. Tout ce joue sur les premiers mètres. ça ne finasse pas !
Première sériole à bord pour Romzy, un beau poisson de 20-25 kg kg et 2eme objectif du trip atteint.

Magnifique première journée. On pouvait difficilement rêver mieux.

Mercredi 8 janvier, l’équipe, sans Louis obligé de rentrer à La Oratova pour passer un partiel, est un peu calmée par cette première journée. 7h30 départ tranquille pour le spot à chocos afin de regarnir un peu le vivier avant de tenter quelques dérives à la sériole sur les points de Fab au nord. Comme souvent sur ces spots régulièrement pêchés, c’est la première dérive qui est la plus fructueuse, quand le banc de sériole n’est pas encore en alerte. Ça se vérifie à nouveau avec un magnifique poisson d’une 20 aine de kg, d’entrée de jeu, que l’on voit suivre au sondeur et attaquer ma choco que Fab m’avait subtilement demandé de remonter de quelques tours :

La suite sera plus compliquée avec quelques poissons ratés au ferrage ou cassés sur des rush inarrêtables au fond. Mais toujours des actions mémorables dans un cadre de rêve au pied des falaises de Los Gigantes.

Cette journée va tout de même se clôturer sur un de nos plus intense souvenir de pêche. Fab nous propose de faire une dernière dérive à la tombée du jour sur un point très pêché, trop pêché, mais connu pour concentrer de très grosses sérioles et des pagres très délicats. C’est Romain qui s’y colle, canne en main, il fait presque nuit, une bonne grosse choco en bas (je crois que c’est la grosse seiche noire du vivier que l’on a descendu). Touche de sama, Romain suit les conseil de Fab et ne se précipite pas, grosse tirée, ferrage, et referrage, et rereferrage :). Il y est. Gros coups de tête caractéristiques, c’est bon ça. Romzy parvient à décoller le fish qui commence à monter. Le temps est un peu suspendu, dans l’attente de pouvoir apercevoir le poisson percer la surface. Il fait maintenant complètement nuit et le fish arrive enfin en surface. C’est lui, avec sa grosse bosse qui brille dans la lueur des spots du bateau. Le Dentex Gibbossus mâle, un magnifique spécimen de 8-10 kg, splendide. Explosion de joie à bord et grand souvenir de pêche gravé à jamais. 3 ème objectif du trip atteint 🙂

Retour joyeux au port

Jeudi 9 janvier, dernière sortie. La houle est montée. Tous les objectifs prioritaires ayant été atteints, on décide d’aller trainer du Wahoo au Nord et après le phare de Teno.

On va insister mais sans réussite, avec une seule attaque sur du leurre dur extra sinking. Pas plus de réussite sur les quelques dérives à la sériole sur des points plus au sud. On décide de rentrer tôt car la houle est encore montée et est mal orientée pour la rentrée au port. Notre petit séjour se termine donc sur un bon capo des familles, mais sur un bilan un peu inespéré compte tenu du peu d’activité et l’absence de poisson fourrage qui persiste anormalement depuis plusieurs semaines (eaux trop chaudes pour la saison), et surtout une très belle rencontre avec Captain Fab, un mec en or et un pêcheur exceptionnel.

Retour chez Luingins à La Orotava pour une journée chill et une dégustation de filet de Sama au four sur son roof top. Sublime 🙂

Tenerife Le Retour
De retour dans le Sahara Algérien quelques jours après, on se chauffe avec Fred pour remettre ça fin février. On a tous les deux une petite fenêtre de 4-5 jours à ne pas rater. Le slot est rapidement bloqué avec Fab.

Départ avec le Manfred le 27 février pour un retour le 4 mars.
Aléa des voyages de pêche, la météo s’annonce bien pourrie, avec une houle de malade, du vent et même de la pluie. El gato negro est dans la place 🙂 Tan pis, on verra bien. On arrivera bien à avoir une fenêtre.
Petite virée à Puerto La Cruz avec Luingins à notre arrivée le soir

Comme craint la première journée du vendredi 28 février est morte, avec un vent soufflant en tempête sur toute la cote sud ouest. Même pas la peine d’y penser. La mer est défoncée. La prévision est à une accalmie dans la nuit, mais une houle montant à 2.5m.
On se console en se tapant des cotes de porc, taille maxi xuleta à 10€ à la guachinche Casa Edu. Une tuerie 🙂

Samedi 1 mars: La prévision etait bonne, le vent est effectivement tombé tard dans la nuit, mais la mer reste bien pourrie. Mais c’est pêchable. 1er sortie donc, direction le spot à chocos pour faire quelques appâts. Toujours pas de vifs dans le quartier, et les seiches commencent à se faire plus rare. On réussi tant bien que mal à en mettre 4 ou 5 dans le vivier. Fab, à défaut de maquereaux ou d’allache (sorte de hareng), décide de compléter le vivier avec quelques palomines (petites carangues), excellent vif, à pêcher à la crevette dans la crique de Mascat en appâtant avec du pain. Pas facile le matin avant que le soleil sorte dans la crique. On décide de ne pas perdre trop de temps et de revenir un peu plus tard avec le soleil.

La première dérive du matin à la seiche s’avère positive comme souvent, avec une magnifique sériole de 12-15 kg souquée de main de maitre par Luigins

Retour à Mascat pour faire quelques vifs. Cette fois c’est plus efficace avec le soleil. On refait notre vivier avec 4 ou 5 palomines et quelques bogues.

Et c’est reparti. Le vent s’est levé et la mer bien cassante. Mais le moral est au beau fixe !
Les dérives suivantes avec des palomines au fond vont être … fracassantes.

Fred ouvre le bal mais décroche un veau,

Vidéo xxxx

j’enchaine avec un très gros poisson de 45 -50 kg après un rude combat pour la décoller du fond. La puissance de ces poissons est phénoménale

Nico en souffrance et le Saltiga à la fête:

Fred joue toujours de scoumoune en cassant une autre vache surpuissante et inarrêtable,

Fred remet ça avec cette fois plus de réussite. C’est une belle sériole du même calibre que la première de Louis, estimée à 10-12 kg.

Contrat rempli et bien rempli pour cette 1er journée. Ç’était un peu inespéré compte tenu des conditions de la veille. Tout le monde a tapé sa sériole, dont 1 gros spécimen, et de multiples touches, combats. Merci Fab ! You are the Boss.

Dimanche 2 mars: La météo ne s’arrange pas. Le vent est bien tombé, mais la houle persiste et surtout la pluie est prévue toute la journée (très rare dans la zone) .. El gato negro :).
L’absence de soleil complique la pêche des palomines. Par contre les bogues sont là en quantité dans l’appât. Ce qui attire un banc de barracuda. Parfait, faute de palomine, aujourd’hui le menu pour les sérioles ça sera Barracuda 🙂 Good fun à vue sur du leurre de surface ou au vif (bogue) sur les petites cannes. On charge le vivier de 4 ou 5 barracudas dont un qui approche le mètre 🙂 et direction les spots à Sériole.

Première dérive avec le gros barra en vif, Fred à la manœuvre. Il se fait prendre avant d’arriver au fond, mais pas piquée

2eme dérive pour Luingins, et 1er casse de la journée sur un gros poisson impossible à décoller du fond.

On part sur un spot plus au large, par 120 m d’eau. C’est un point avec de la petite sériole (l’autre espèce). On descend de la choco
Un déluge de pluie s’abat sur nous.
Les touches s’enchainent, entre décroches et poissons piqués on monte 2 sérioles de 8 kg avec des couleurs magnifiques.

La pluie se calme un peu, on est trempé et transit de froid, sauf Fab, toujours insensible aux éléments avec son lycra coryphène bien imbibé 🙂 C’est un solide le garçon.

Louis se fait à nouveau exploser au fond sur une autre dérive avec un barra en vif. C’est bon le barra mais ça sélectionne les grosses vaches au fond !!

On décide d’aller tenter quelques dernières dérives en rentrant, sur le spot où l’on avait tapé le Dentex Gibbosus lors du précédent trip. Comme expliqué plus haut, c’est un spot matraqué, mais sur lequel tournent souvent des énormes sérioles compliquées à faire prendre. Mais avec nos barras en vif et cette journée de pluie, il faut tenter. Les paramètres ne sont pas ceux habituels…, comme lors de la prise de notre Gibbosus mâle à la nuit.
Option payante. Et c’est encore Louis qui s’y colle (préservation du dos des vieux). ça part, c’est encore un veau, estimé à 50 ou 60 kg par Fab à la vue de la violence du combat engagé. Fab décide d’essayer de la sortir des obstacles qui s’approchent en mettant un peu de gaz. Luingins est plié en deux avec sa sériole au bout, qui parvient, alors que l’issue semblait positive, à lui remettre un rush monstrueux vers le fond et fini par tout exploser … Impressionnant …

On ne peut pas finir sur cette casse. Fab redescend notre dernier barra, et nouveau départ pour Luingins. C’est moins gros cette fois, et Luingins lui casse les reins. On finit donc sur un derniere poisson de 15-20 kg, épuisés, frigorifiés, mais heureux.

Retour au port, vêtements secs, la bise à Fab et en route pour La Orotava, chauffage à fond dans la voiture.

Le lendemain, après un petit tour au Chibinguito Pipo sur le port de Puerto La Cruz, et une ventrée de chipirons, sardines, salade de poulpe et autres délices locaux

le plan etait de monter au Teide pour que Fred puisse découvrir ce lieu incontournable et magique de Tenerife. Mais décidément, quand ça ne veut pas .. Route fermée pour cause de chute de neige .. ça doit arriver 1 fois tous les 10 ans 🙂 El Gato Negro 🙂

On se rabat sur une session smoothie à Sauzal en terrasse au soleil suspendu au-dessus de l’océan. Pas dégueu non plus.

On reviendra .. c’est certain … Destination exceptionnelle à quelques heures de la maison

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2 thoughts on “Tenerife 2025 – A la quête des Sérioles et du Gibbosus”

  1. Fab dit :

    Vous êtes tous les 4 des pêcheurs hors pair, ça m’a vraiment fait plaisir de partager ces quelques jours avec vous ! j’ai hâte de vous revoir 🙂

    Et merci pour ces éloges

    Capitaine Fab

    1. Nico dit :

      A bientôt Fab. Take care

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